L'histoire d'un symbole de Paix : Sadako Sasaki et la légende des 1000 grues
Illustration ⸱ 7 janvier 2025
Pourquoi les grues en papier sont-elles associées à la Paix dans l’imaginaire collectif ?
Cela est sans doute lié à l’histoire de cette fillette, survivante de la bombe d’Hiroshima, qui a fait regagner en popularité une ancienne légende japonaise, et est devenue, en même temps, un symbole de résilience, d’espoir et de paix.
10 ans après la bombe, la famille Sasaki fait face à ses conséquences.
Sadako Sasaki a 2 ans quand elle vit, comme sa famille et des dizaines de milliers d’habitants de Hiroshima, le premier bombardement atomique de l’Histoire, le 6 août 1945 au matin. La famille Sasaki survit à l’attaque. Ils sont des miraculés alors que l’explosion a sans doute soufflé 40% de la population de la ville. Douce-amertume de se rappeler à ce moment le fameux claquement de doigt de Thanos dans “Avengers: Infinity War” (qui fait disparaître 50% de la population de la Terre, pour le bien de tous).
Une maison en ruine, une vie à recommencer littéralement de zéro. L’histoire aurait pu s’arrêter là. Mais parfois, le sort s’acharne. Et ce n’est que 10 ans plus tard que les Sasakis font face aux véritables conséquences de la bombe : le déchirement des familles de civils.
Sadako, alors âgée de 12 ans, est alitée pour une leucémie, conséquence directe des radiations. À l’hôpital, la fillette entend parler d’une ancienne légende japonaise selon laquelle si l’on plie 1000 grues en origami, on aura le droit de voir l’un de ses vœux exaucé par les dieux du Japon. Sans se faire prier, Sadako se met à l’ouvrage et plie tous les papiers qui lui tombent sous la main. Elle réunit les 1000 grues et fait son vœu : pas la Paix dans le monde, ni se téléporter ou avoir une tonne de bonbons. “Guérir et pouvoir rester avec sa famille”, mais elle reste malade.
Sadako Sasaki a plié bien plus de 1000 grues.
Cette histoire aurait pu être l’une des plus belle leçons de résilience et d’espoir. La jeune fille continue à plier des grues bien au delà de la consigne des Dieux. Mais elle ne les émeut pas. Ironie du sort. Elle ne s’en sort pas… Sadako meurt le 25 octobre 1955. Et devient par la suite, soutenue par ses camarades de classe, et sa famille qui transmettent son histoire et récoltent des fonds, un emblème de la Paix.
Une statue à son effigie a été inaugurée en 1958 dans sa ville natale. Je reste persuadée que plutôt que la postérité, elle aurait juste préféré vivre.
Même les cœurs les plus froids pourront s’accorder sur le fait que cette enfant, a priori innocente, a subi une énorme injustice en étant la victime collatérale d’une guerre entre des adultes qui donnent des consignes bien au chaud dans leurs tours d'ivoire et leurs barres de marbre. Et malgré cela, sa manière de combattre n’a pas été la violence, mais la création de quelque chose de beau. En cela, je pense que Sadako Sasaki est l’une des personnes les plus inspirantes que je puisse citer aujourd’hui.
Il existe plusieurs versions de son histoire, plus ou moins romancées, mais finalement, est-ce si important? Parce que, dans toutes les versions, l’histoire a existé. Sadako est la partie émergée d’un iceberg de douleur. Derrière l’histoire de cette enfant se cachent les histoires de plus de 100 000 âmes anonymes oubliées. Ça semble énorme. C’est colossal.
Je suis la première à adorer les histoires bien racontées. Mais s’il y a quelque chose à retenir de tout ça, c’est bien que la mémoire de l’Histoire doit résister, quels que soient les moyens mnémotechniques ou les astuces poétiques que l’on devra user. Car oublier, c’est ouvrir la porte à la répétition.
A chaque fois que j’entends le mot “Guerre” je me souviens de ce souvenir qui me hante : Moi, collégiènne, arrivant sur le site du camp de concentration de Birkenau près de Cracovie sous la neige, avec ma classe de ZEP. Sur les traces d’horreurs ayant existé une poignée de décennies plus tôt. La seule chose dont je ne me souviens pas, c’est si le plus fort était l’odeur de la mort ou le vacarme du silence.
Je pensais naïvement que tout cela était derrière nous. Nous voilà 20 ans plus tard. L’Homme, pourtant omnipotent, est secoué d’une vague d’amnésie dramatique.
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Alors, bien sûr, l’histoire de Sadako prend place dans un contexte beaucoup plus grand que l’on omet lorsqu’on la raconte. Peut-être que, sans les bombardements, il y aurait eu plus de victimes civiles encore, je n’en sais rien. Et j’avoue avoir trop de mal à comprendre pourquoi l’être humain n’est pas capable de surpasser son égo et se sent obligé de faire la guerre, pour que je réussisse à me projeter dans des visions plus ou moins catastrophistes de ce qu’aurait pu être 39-45.
L’histoire de Sadako m’a réellement touchée par sa fatalité…
Vous ne voyez peut-être pas le rapport avec ce que je fais. On y vient…
Je préfère ne pas vous citer le nombre de victimes des derniers gros conflits contemporains qui frappent encore aujourd’hui, de peur de citer des sources erronées, mais ces victimes là, si elles ne sont pas encore à apprendre par cœur dans les livres d’histoire, sont réelles, et si ça ne se passe pas chez nous, ça se passe maintenant.
Dans ce contexte, c’est criminel de laisser les connaissances disparaître.
Une injure à l’évolution de censurer les arts.
Et c’est ça que je veux défendre avec mon travail. À mon échelle. Parce que la connaissance, laisse de l’espace à l’espoir pour briller.
Bref, je suis viscéralement convaincue, que l'art, la poésie, l'empathie sont les meilleures armes contre la guerre qui se prépare sous nos yeux tellement embrumés par des quotidiens épuisants qu’on préfère regarder ailleurs. Et c’est pour ça qu’en 2026, j’aimerais à mon échelle de petite poussière de 1 personne sur 8 milliards à qui on n’a absolument rien demandé, porter ce message de Paix, parce que s’il est quelque part un fardeau, je sais que nous sommes plusieurs épaules à le porter. :)
Merci de m’avoir lue.
(Ce texte a été rédigé sans l’aide de l’IA, je m’excuse par avance si vos yeux ont été heurtés par des formulations maladroites, et si c’était le cas je suis évidemment ouverte à toutes les remarques constructives )
J’ai envie de combattre de la même manière que Sadako, avec des trucs jolis qui semblent futiles mais sont porteurs de sens. Contactez-moi si vous avez l’intuition que je serai la bonne personne pour transformer votre message en émotion. 🌱
Neyda . Neyptune
